Systèmes
IN nouvelle génération : les opérateurs
reprennent le contrôle de leurs réseaux.
Dans un contexte de concurrence
accrue, les opérateurs sont aujourd’hui
conduits à développer toujours plus vite
des applications et des services complexes et personnalisés.
Une telle réactivité réclame de
faire évoluer les infrastructures réseaux
en leur donnant une flexibilité maximale. Matthieu
Loreille et Fergus O’ Reilly nous dévoilent
le nouveau paysage des réseaux et comment celui-ci
va transformer les relations entre les différents
acteurs du marché.
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Matthieu
Loreille,
Directeur Marketing
jNetX |
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Fergus
O’Reilly,
VP Produit Strategie
chez Highdeal |
Transactive Reporter
: Pouvez-vous définir les Intelligent Networks?
Matthieu
Loreille : Les premiers IN sont apparus pour
simplifier des services de routage d’appels spécifiques
tels que les Numéro verts. Ces services considérés
comme basiques aujourd’hui pouvaient s’avérer
complexes à déployer, configurer et maintenir
. Un utilisateur qui commande sa pizza via un n°
vert appelle un service, mais ne sait pas où
aboutit son appel. L’opérateur le redirige
en fonction de paramètres variés : géographique
(la pizzeria la plus proche), temporel (en fonction
des horaires d’ouvertures, des jours ouvrés).
Cette simple évolution supposait de provisionner
tous les commutateurs du réseau téléphonique
avec les n° de tous les restaurants rattachés
au même n° vert et d’y inscrire également
les différents scénarios de routage.
Fergus
O’Reilly : Cela supposait une maintenance
importante, complexe et coûteuse que les opérateurs
se sont employés à rationaliser en découplant
dans leurs réseaux les fonctions de commutation
d’appels des fonctions intelligentes liées
au routage et à la gestion des appels.
M.L
: L’idée de l’IN consiste donc à
regrouper sur une plateforme centrale unique toutes
les décisions : établissement d’appel,
autorisations de routage, monitoring, tarification en
temps réel et débit des comptes utilisateurs
en temps réel, etc. pour ne laisser aux commutateurs
que la fonction de routage de base selon les instructions
transmises par la plateforme IN qui prend alors le control
de l’appel.
T.R
: Pourquoi parle-t-on aujourd’hui de solution
IN « nouvelle génération »
?
F.O.R
: Avec la concurrence actuelle, il est essentiel pour
les opérateurs de développer des services
de plus en plus nombreux et personnalisés. Cela
suppose de rendre les réseaux plus flexibles
pour assurer des mises en marché plus rapides.
Pour cela, il faut raccourcir encore les temps de développement
et les coûts d’implémentation.
M.L
: Avec les services à valeur ajoutée de
la téléphonie mobile, le réseau
est appelé à gérer un nombre croissant
de paramètres émanant de sources variées.
Les plateformes IN doivent devenir pour cela extrêmement
évolutives et maîtriser des protocoles
différents : interroger des SMS et MMS Centers,
être capable d’interagir avec les utilisateurs
à l’aide d’annonces vocales ou texte
par USSD, de savoir les localiser finement par le biais
de serveurs de géo-positionnement/localisation…
Les Réseaux Intelligents ne contrôlent
plus simplement les établissements d’appels
mais aussi l’établissement de session data
(GPRS, UMTS) ou IMS, agissant ainsi comme un SIP Application
Server. On parle alors de Convergent Service Platform.
F.O.R
: De même pour la tarification et le débit
des comptes, les nouvelles plateformes IN doivent pouvoir
transmettre des requêtes à des solutions
comme celle d’Highdeal et attendre leur autorisation
pour router la communication.
M.L
: Elles doivent enfin permettre une personnalisation
très fine des services à l’utilisateur
et tenir compte d’instructions particulières
comme le reroutage d’appel sur un autre numéro
en cas d’indisponibilité ou encore le souhait
de l’utilisateur de bloquer les appels entrant
lorsqu’il est à l’étranger
pour ne pas avoir à payer les surtaxes liées
au roaming, ou encore de limiter volontairement les
appels à quelques numéros seulement…
Aujourd’hui les opérateurs veulent pouvoir
interroger et exploiter des bases de données
clients avec des profils de consommation extrêmement
précis.
T.R
: Pourquoi les anciens systèmes IN ne pouvaient
plus assumer de telles évolutions ?
F.O.R
: Parce qu’ils ont été mis
en place par les constructeurs sur des technologies
propriétaires et requièrent pour chaque
nouveau service des développements spécifiques,
ce qui est forcément plus long et plus coûteux.
M.L
: Les opérateurs veulent à présent
pouvoir maîtriser parfaitement leurs développements
de réseaux, à leur propre rythme en s’affranchissant
des « boites noires » des constructeurs.
Voilà pourquoi ils se tournent vers des plateformes
conçues à partir de standards qui pourront
être déployées plus rapidement par
des prestataires différents.
T.R
: Concrètement,
quels sont ces nouveaux standards ?
M.L
: Il s’agit de la technologie JAIN SLEE
développée sous Java (Java for the Advanced
Intelligent Network - Service Logic Execution Environment).
Initiée par Sun Microsystems, Open Cloud et Vodafone
elle est standardisée depuis mars 2004 et utilisées
par la communauté internationale de développeurs
Java certifiés dont le nombre va croissant et
dépasse déjà de beaucoup celui
des unités de production des constructeurs. Par
ailleurs, ce nouveau standard bénéficie
de partenariats avec des sociétés internationales
comme IBM, lesquels ne s’impliqueraient pas dans
le développement des solutions constructeurs.
Les opérateurs peuvent ainsi être accompagnés
par des correspondants locaux dans toutes leurs filiales
à travers le monde.
T.R
: Pouvez-vous nous donner un exemple des avantages pour
les opérateurs de l’IN nouvelle génération
?
M.L
: Et bien récemment, l’opérateur
lituanien Bite Group (Groupe TDC) a pu créer
un service prépayé, le développer,
le tester et le lancer sur le marché en 3 mois
seulement. Des délais de réalisation impensables
dans un environnement constructeur. Tout opérateur
peut ainsi décider lui-même de créer
de nouveaux services ou bénéficier d’une
communauté de développeurs IT.
F.O.R
: De plus, les nouvelles plateformes peuvent
parfaitement s’interfacer avec les systèmes
antérieurs, permettant ainsi de réduire
les coûts en pérennisant les investissements.
T.R
: En quoi la plateforme de jNetX et les solutions Highdeal
sont-elles synergiques ?
F.O.R
: Conçues toutes deux sur une base Java,
elles offrent le même niveau de flexibilité
end-to-end requis. Highdeal peut faire de la tarification,
de la valorisation et de la gestion de compte prépayé/postpayé
sur un nombre illimité de critères. Encore
faut-il que ces critères nous parviennent, comme
par exemple, la nature de MMS et des pièces jointes
(images, son ou clips vidéo), ou encore la durée
de l’appel et sa localisation : c’est ce
que permet la plateforme IN proposée par jNetX.

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