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IMS : un acronyme de plus ou la nouvelle architecture
qui va révolutionner les télécoms?
La
dernière décennie a été
le siège de deux révolutions jumelles
: révolution de la téléphonie mobile,
laquelle fait tomber les barrières de la localisation
des utilisateurs et révolution Internet dont
le modèle s’est affranchi des notions de
distance et de temps de connexion. Une troisième
révolution s’amorce aujourd’hui,
tout aussi spectaculaire : celle de la convergence de
ces deux mondes Internet et téléphonie
mobile, entre eux, mais aussi avec le monde de la téléphonie
fixe.
Dans cette nouvelle ubiquité mondiale qui est
en train d’émerger, nous communiquerons
de manière fluide et transparente, mixant voix
et données, quels que soient les terminaux :
smartphones, PC, visiophones fixes... En toute mobilité
et selon toutes les combinaisons possibles. Pour les
opérateurs, le système IMS (IP Multimedia
Subsystem) apparaît aujourd’hui comme la
clé de voûte des nouveaux réseaux
à mettre en œuvre pour supporter cette troisième
révolution de la convergence. Qu’est-ce
que cette nouvelle architecture? Que permet-elle de
faire exactement ? Comment va-t-elle s’implanter
? Selon quelles échéances ? Pourquoi est-elle
vitale pour le développement des opérateurs
? Quel en sera l’impact sur leur modèle
économique, les tarifications, la facturation
des services ? Trois experts, Frédéric
Fleurat, Directeur Technique Lucent Technologies France,
Isabelle Roussin Vice-Président Marketing Highdeal
et David McNierney, Directeur Marketing Stratégique
d’Highdeal Inc. partagent avec nous leurs visions
qui, elles aussi, ne manquent pas de convergences…
TR
: Pouvez-vous nous définir ce que l’on
entend par IMS ?
Isabelle
Roussin : C’est
une architecture du multimédia mobile sous protocole
IP défini par le consortium 3GPP (Third Generation
Partnership Project) qui associe opérateurs et
fournisseurs de solutions. IMS est basé sur l'idée
que des réseaux de communications deviennent
"tout-IP". Une architecture qui permet de
bénéficier pleinement de l'augmentation
de la bande passante (de 9,6 Ko par seconde en 2G, à
384 Ko avec la 3G et jusqu’à 4 Mo par seconde
en 3G+ pour le transport des services vidéo)
en multipliant les services multimédias, incluant
le transfert de données, notamment vidéo,
TV, sonneries, etc.
David
McNierney : Avant IMS, pour la mise en œuvre
de chaque nouveau service, le MMS par exemple, les opérateurs
étaient contraints de développer de fond
en comble toutes les briques de la solution : interfaces
réseaux, applications, gestion de sessions, incluant
les problèmes de stockage de données lourdes,
de connexion GPRS, d’adressage e-mail des MMS,
d’interfaces de tarifications entre le pré-payé
et le post-payé, etc. Des investissements énormes,
avec un ROI incertain qui dépend du succès
de l’application testée. Il fallait donc
trouver le moyen de disposer une fois pour toutes d’une
plate-forme standard de back-office, d’un tronc
commun générique qui éviterait
pour chaque nouvelle application d’avoir tout
à refaire. L’intérêt étant
de n’avoir plus à développer que
la partie spécifique de l’application.
L’IMS est la technologie standardisée qui
permet aujourd’hui une telle rationalisation des
processus de développement.

TR
: Pouvez-vous évaluer concrètement les
bénéfices de l’IMS pour les opérateurs
?
David
McNierney : Le gain économique est énorme
si l’on considère que pour le lancement
d’une nouvelle application, le développement
de l’infrastructure représente environ
60 % du coût total. L’IMS permet d’effectuer
cet investissement une fois pour toutes et de l’amortir
sur toutes les applications développées.
Frédéric
Fleurat : L’opérateur est maintenant
en situation de choisir entre des applications verticales
développées en système propriétaire
qui lui coûteront à court terme moins cher
unitairement, mais dont l’interopérabilité
risque d’être limitée et des applications
développées en système ouvert qui
demandent un investissement supérieur au départ,
mais qui permettent ensuite d’accélérer
et d’intensifier le lancement d’applications,
à des coûts très inférieurs.
Isabelle
Roussin : L’IMS est donc pour les opérateurs
un facteur clé de succès. En effet, face
au coût d’acquisition colossal des nouvelles
licences UMTS, ils doivent, à marche forcée,
trouver les moyens d’augmenter massivement leur
ARPU (Average Revenu Per User). Cela passe par le développement,
aux meilleures conditions, de nombreux nouveaux services
et par l’intensification de leur usage. À
cet égard l’IMS répond parfaitement
à cet enjeu puisqu’il donne plus de latitude
pour tester les applications, permet de les développer
en plus grand nombre et de les lancer plus rapidement.
Frédéric
Fleurat : Par ailleurs,
les applications développées en système
ouvert vont permettre de mieux servir les clients. On
ne va plus les décomposer selon leurs différents
numéros, mais au contraire unifier et enrichir
leur profil d’utilisateur dans un « Active
Phone Book » (annuaire dynamique) pour mieux orienter
les appels ou les sessions, en y intégrant, par
exemple, des notions telle que la présence. Un
exemple : vous voulez me contacter après 18 heures,
vous pourrez le faire en fonction de la disponibilité
que j’aurais définie, en MMS sur mon mobile,
en instant messaging sur mon PC, en messagerie vocale
ou mail sur mon smartphone, sur le poste fixe de ma
ligne personnelle ou de ma seconde ligne professionnelle...
Les applications qui marchent n’étant pas
infinies, cette gestion de la présence ouvre
de nouvelles perspectives de services facturables aux
clients.
TR : L’IMS ne concerne-t-il que
les opérateurs mobiles ?
David
McNierney : Non, tous les grands opérateurs
historiques France Telecom, British Telecom ou Telecom
Italia se positionnent aujourd’hui comme des opérateurs
intégrés : voix, mobile, Internet et s’emparent
de l’IMS pour migrer d’un modèle
fondé sur la voix à un modèle fondé
sur la session.

TR : pouvez-vous définir ce
qu’est une session ?
Frédéric
Fleurat : A la différence d’un simple
appel qui a un début et une fin, le concept de
session représente un continuum de communication
dans lequel toutes sortes d’événements
peuvent se réaliser, s’enchaîner
ou se combiner. Tant en termes de messages : voix, images,
vidéo, textes… que de nombre de correspondants,
entrant et sortant, au cours de cette session. Et tout
cela indépendamment du mode d’accès
: les opérateurs intégrés ne doivent
pas seulement opérer la convergence des réseaux,
mais aussi celle des usages sur tous les terminaux :
PC, mobile, poste fixe.
TR : A quels types d’usages particuliers
pensez-vous ?
David
McNierney : Ils sont nombreux, de la messagerie
mail unifiée à la voix sur IP, en passant
par le push-to-talk qui est d’ailleurs l’une
des premières applications de l’IMS.
TR : Est-ce que cette convergence des
usages ne va pas demander à l’utilisateur
trop d’efforts en termes de niveau d’équipement
?
Frédéric
Fleurat : Au contraire, l’enjeu d’un
opérateur est de pouvoir fidéliser ses
clients sur l’ensemble de cette base d’équipement
sans la complexifier. Toute l’intelligence doit
résider dans le réseau et non dans des
terminaux trop sophistiqués que ses clients ne
pourront s’offrir ni utiliser facilement. La simplicité
reste le maître-mot pour que les nouvelles applications
emportent l’adhésion du marché.
Évidemment, le point de vue des fabricants ou
des opérateurs peut être différent.

TR : Sous quelles échéances
va s’effectuer la migration des opérateurs
vers l’IMS ?
Frédéric
Fleurat : Les principaux opérateurs américains
ont en ligne de mire une conversion progressive en IMS
qui devrait être terminée en 2008. Ils
ont déjà démarré des pilotes.
L’Europe est également sur cette roadmap.
L’Asie avance encore plus rapidement dans la mesure
où les opérateurs n’ont pas le même
historique de système à gérer.
TR : En quoi Highdeal est-il impliqué
dans la révolution IMS ?
David
McNierney : Comme nous l’avons vu, l’IMS
va favoriser la multiplication des nouvelles applications
à un rythme accéléré. Plus
de services disponibles, plus de combinaisons entre
les différentes plates-formes fixes, mobiles,
Internet, plus de contenus diversifiés mixant
voix, images, vidéo, plus d’intervenants
dans la chaîne de valeur : tout cela nécessite
un système de simulation, tarification et facturation
capable d’intégrer de multiples critères
de valorisation, extrêmement souple, interopérable,
et, bien évidemment, compatible avec l’architecture
IMS. C’est le cas de notre suite logicielle qui
est aujourd’hui la seule à pouvoir immédiatement
se brancher sur ce système.

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