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  Newsletters - N° 10 - Février 2005
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IMS : un acronyme de plus ou la nouvelle architecture qui va révolutionner les télécoms?

La dernière décennie a été le siège de deux révolutions jumelles : révolution de la téléphonie mobile, laquelle fait tomber les barrières de la localisation des utilisateurs et révolution Internet dont le modèle s’est affranchi des notions de distance et de temps de connexion. Une troisième révolution s’amorce aujourd’hui, tout aussi spectaculaire : celle de la convergence de ces deux mondes Internet et téléphonie mobile, entre eux, mais aussi avec le monde de la téléphonie fixe.
Dans cette nouvelle ubiquité mondiale qui est en train d’émerger, nous communiquerons de manière fluide et transparente, mixant voix et données, quels que soient les terminaux : smartphones, PC, visiophones fixes... En toute mobilité et selon toutes les combinaisons possibles. Pour les opérateurs, le système IMS (IP Multimedia Subsystem) apparaît aujourd’hui comme la clé de voûte des nouveaux réseaux à mettre en œuvre pour supporter cette troisième révolution de la convergence. Qu’est-ce que cette nouvelle architecture? Que permet-elle de faire exactement ? Comment va-t-elle s’implanter ? Selon quelles échéances ? Pourquoi est-elle vitale pour le développement des opérateurs ? Quel en sera l’impact sur leur modèle économique, les tarifications, la facturation des services ? Trois experts, Frédéric Fleurat, Directeur Technique Lucent Technologies France, Isabelle Roussin Vice-Président Marketing Highdeal et David McNierney, Directeur Marketing Stratégique d’Highdeal Inc. partagent avec nous leurs visions qui, elles aussi, ne manquent pas de convergences…

Frédéric Fleurat,
Directeur
Technique
Lucent
Technologies
France

Isabelle Roussin,
VP
Marketing
et Solutions,
Highdeal
David McNierney,
Directeur
Marketing
Stratégique
d'Highdeal Inc.


TR : Pouvez-vous nous définir ce que l’on entend par IMS ?

Isabelle Roussin : C’est une architecture du multimédia mobile sous protocole IP défini par le consortium 3GPP (Third Generation Partnership Project) qui associe opérateurs et fournisseurs de solutions. IMS est basé sur l'idée que des réseaux de communications deviennent "tout-IP". Une architecture qui permet de bénéficier pleinement de l'augmentation de la bande passante (de 9,6 Ko par seconde en 2G, à 384 Ko avec la 3G et jusqu’à 4 Mo par seconde en 3G+ pour le transport des services vidéo) en multipliant les services multimédias, incluant le transfert de données, notamment vidéo, TV, sonneries, etc.

David McNierney : Avant IMS, pour la mise en œuvre de chaque nouveau service, le MMS par exemple, les opérateurs étaient contraints de développer de fond en comble toutes les briques de la solution : interfaces réseaux, applications, gestion de sessions, incluant les problèmes de stockage de données lourdes, de connexion GPRS, d’adressage e-mail des MMS, d’interfaces de tarifications entre le pré-payé et le post-payé, etc. Des investissements énormes, avec un ROI incertain qui dépend du succès de l’application testée. Il fallait donc trouver le moyen de disposer une fois pour toutes d’une plate-forme standard de back-office, d’un tronc commun générique qui éviterait pour chaque nouvelle application d’avoir tout à refaire. L’intérêt étant de n’avoir plus à développer que la partie spécifique de l’application. L’IMS est la technologie standardisée qui permet aujourd’hui une telle rationalisation des processus de développement.

TR : Pouvez-vous évaluer concrètement les bénéfices de l’IMS pour les opérateurs ?

David McNierney : Le gain économique est énorme si l’on considère que pour le lancement d’une nouvelle application, le développement de l’infrastructure représente environ 60 % du coût total. L’IMS permet d’effectuer cet investissement une fois pour toutes et de l’amortir sur toutes les applications développées.

Frédéric Fleurat : L’opérateur est maintenant en situation de choisir entre des applications verticales développées en système propriétaire qui lui coûteront à court terme moins cher unitairement, mais dont l’interopérabilité risque d’être limitée et des applications développées en système ouvert qui demandent un investissement supérieur au départ, mais qui permettent ensuite d’accélérer et d’intensifier le lancement d’applications, à des coûts très inférieurs.

Isabelle Roussin : L’IMS est donc pour les opérateurs un facteur clé de succès. En effet, face au coût d’acquisition colossal des nouvelles licences UMTS, ils doivent, à marche forcée, trouver les moyens d’augmenter massivement leur ARPU (Average Revenu Per User). Cela passe par le développement, aux meilleures conditions, de nombreux nouveaux services et par l’intensification de leur usage. À cet égard l’IMS répond parfaitement à cet enjeu puisqu’il donne plus de latitude pour tester les applications, permet de les développer en plus grand nombre et de les lancer plus rapidement.

Frédéric Fleurat : Par ailleurs, les applications développées en système ouvert vont permettre de mieux servir les clients. On ne va plus les décomposer selon leurs différents numéros, mais au contraire unifier et enrichir leur profil d’utilisateur dans un « Active Phone Book » (annuaire dynamique) pour mieux orienter les appels ou les sessions, en y intégrant, par exemple, des notions telle que la présence. Un exemple : vous voulez me contacter après 18 heures, vous pourrez le faire en fonction de la disponibilité que j’aurais définie, en MMS sur mon mobile, en instant messaging sur mon PC, en messagerie vocale ou mail sur mon smartphone, sur le poste fixe de ma ligne personnelle ou de ma seconde ligne professionnelle... Les applications qui marchent n’étant pas infinies, cette gestion de la présence ouvre de nouvelles perspectives de services facturables aux clients.

TR : L’IMS ne concerne-t-il que les opérateurs mobiles ?

David McNierney : Non, tous les grands opérateurs historiques France Telecom, British Telecom ou Telecom Italia se positionnent aujourd’hui comme des opérateurs intégrés : voix, mobile, Internet et s’emparent de l’IMS pour migrer d’un modèle fondé sur la voix à un modèle fondé sur la session.

TR : pouvez-vous définir ce qu’est une session ?

Frédéric Fleurat : A la différence d’un simple appel qui a un début et une fin, le concept de session représente un continuum de communication dans lequel toutes sortes d’événements peuvent se réaliser, s’enchaîner ou se combiner. Tant en termes de messages : voix, images, vidéo, textes… que de nombre de correspondants, entrant et sortant, au cours de cette session. Et tout cela indépendamment du mode d’accès : les opérateurs intégrés ne doivent pas seulement opérer la convergence des réseaux, mais aussi celle des usages sur tous les terminaux : PC, mobile, poste fixe.

TR : A quels types d’usages particuliers pensez-vous ?

David McNierney : Ils sont nombreux, de la messagerie mail unifiée à la voix sur IP, en passant par le push-to-talk qui est d’ailleurs l’une des premières applications de l’IMS.

TR : Est-ce que cette convergence des usages ne va pas demander à l’utilisateur trop d’efforts en termes de niveau d’équipement ?

Frédéric Fleurat : Au contraire, l’enjeu d’un opérateur est de pouvoir fidéliser ses clients sur l’ensemble de cette base d’équipement sans la complexifier. Toute l’intelligence doit résider dans le réseau et non dans des terminaux trop sophistiqués que ses clients ne pourront s’offrir ni utiliser facilement. La simplicité reste le maître-mot pour que les nouvelles applications emportent l’adhésion du marché. Évidemment, le point de vue des fabricants ou des opérateurs peut être différent.

TR : Sous quelles échéances va s’effectuer la migration des opérateurs vers l’IMS ?

Frédéric Fleurat : Les principaux opérateurs américains ont en ligne de mire une conversion progressive en IMS qui devrait être terminée en 2008. Ils ont déjà démarré des pilotes. L’Europe est également sur cette roadmap. L’Asie avance encore plus rapidement dans la mesure où les opérateurs n’ont pas le même historique de système à gérer.

TR : En quoi Highdeal est-il impliqué dans la révolution IMS ?

David McNierney : Comme nous l’avons vu, l’IMS va favoriser la multiplication des nouvelles applications à un rythme accéléré. Plus de services disponibles, plus de combinaisons entre les différentes plates-formes fixes, mobiles, Internet, plus de contenus diversifiés mixant voix, images, vidéo, plus d’intervenants dans la chaîne de valeur : tout cela nécessite un système de simulation, tarification et facturation capable d’intégrer de multiples critères de valorisation, extrêmement souple, interopérable, et, bien évidemment, compatible avec l’architecture IMS. C’est le cas de notre suite logicielle qui est aujourd’hui la seule à pouvoir immédiatement se brancher sur ce système.

   
 
 
 

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