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Révolution
multiservices : le nouvel impératif de la tarification
La multitude de nouveaux services
IP, le haut débit et les données mobiles
entraînent une concurrence accrue ainsi qu’une
plus grande complexité dans la mise en œuvre
des nouvelles offres multiservices. Les systèmes
de gestion actuellement en place chez les opérateurs
se doivent d’être extrêmement réactifs
et flexibles pour donner la priorité à
l’innovation marketing et commerciale. La tarification
doit notamment être de plus en plus souple afin
de permettre la création de bouquets de services
avec des dispositifs de paiement multiples sur des segments
de clientèle de plus en plus fins
Pour que les fournisseurs de services restent compétitifs
et gagnent des parts de marché les fonctions
de “front office”, comme la création
d’offres tarifaires, ne peuvent pas et ne doivent
pas être freinées par des contraintes techniques
et opérationnelles de mise en œuvre. Cependant
c’est trop souvent ce qui se passe quand il s’agit
de tarifer les services. La valorisation et la tarification
sont captives des systèmes de facturation en
place. Dans une volonté d’aller de l’avant,
des entreprises comme Highdeal et Covad, fournisseur
américain de communication voix et données
haut débit, travaillent activement à travers
le consortium OSS/J (Operational System Support Through
Java) pour dissocier les fonctions valorisation et tarification
de la facturation. Le but est de pouvoir donner à
la démarche commerciale la primauté sur
la logique opérationnelle, et ainsi créer
un process sans couture depuis la définition
des services et leur mise en œuvre jusqu’à
la collecte du revenu.
Des systèmes
actuels inadaptés
L’état actuel des
solutions BSS/OSS, qui ont nécessité de
lourds investissements et des mois de paramétrage,
restreint toutefois la marge de manœuvre des opérateurs
qui hésitent à bouleverser leurs systèmes
historiques dotés souvent d’architectures
complexes et fermées. Leur inconvénient
majeur a été de lier et d’imbriquer
très étroitement les divers fonctionnalités
de valorisation, de facturation et de paiement créant
ainsi des systèmes monolithiques, très
difficilement ouverts à l’évolution
des services. Aussi, pour pallier cette contrainte sans
pour autant toucher au système existant, des
technologies logicielles permettent de séparer
ces différentes entités en blocs autonomes.
Ceci permet aux entreprises qui comprennent l’importance
du pricing d’utiliser ce levier pour être
plus compétitives.
Tel est le sens de l’initiative
de tarification dynamique (Dynamic Pricing) engagée
par le consortium OSS/J. Le projet consiste à
développer une interface de programmation (API)
de tarification dynamique. Celle-ci facilitera le développement
et la mise en place de systèmes de tarification
qui seront à la fois indépendants et reliés
aux systèmes BSS/OSS en place chez les opérateurs.
« L’objectif est de
permettre la mise en place de scénarios orientés
marketing comme par exemple des prix basés sur
la localisation. Nous ne parlons pas içi seulement
de la tarification pour les clients finaux mais aussi
de la tarification avec les fournisseurs, comme les
revendeurs et les fournisseurs de contenu » précise
David McNierney, directeur du marketing stratégique
chez Highdeal. « Un fournisseur de services sera
ainsi en mesure de simuler l’impact d’une
nouvelle offre sur ses clients, qu’il s’agisse
de stimuler la demande, d’accroître ou de
diversifier les revenus, de créer des bouquets
de services ou de tester les aspects commerciaux des
nouveaux services. Et ce en tenant compte des coûts
réels de production et de la marge de l’opérateur
».
Affranchir la tarification pour la
placer au cœur du système
L’API informera les paramètres
commerciaux et marketing et fournira l’information
en aval pour des services tels que la valorisation et
la facturation.
« L’API sera le point central de consultation
et de détermination des offres et des prix basés
sur une multitude de critères incluant les profils
clients, la localisation, les promotions en cours, les
autres parties impliquées dans les transactions,
les facteurs spécifiques à la requête
etc. Les systèmes de gestion d'abonnés
pourront utiliser l’API Pricing pour présenter
une liste d’offres, déterminer des prix
statiques ou dynamiques ou bien présenter des
prix changeant en fonction du temps et du profil client.
L’API « Pricing » contiendra nécessairement
les définitions de l’offre et de la tarification.
Ces définitions agrégées forment
le catalogue de tarification. Dans le scénario
de tarification statique, une fois qu’un prospect
a choisi une offre, son prix sera lié au contrat
correspondant. De cette manière les entreprises
peuvent changer leurs prix et leurs offres sans affecter
les clients existants.
L’API « Pricing » recouvre à
la fois les services et les ressources en association
avec les produits (ex : à la fois l’abonnement
à des services de données et l’achat
d’un terminal client.) L’API va permettre
l’expression de règles de tarifications
ou d’algorithmes qui seront utilisés pour
calculer tous les prix, que ce soit pour des achats
de produits ou d’équipement, des installations
de service, des renouvellements d’abonnement,
des honoraires d’utilisation de services ou des
frais d’annulation. » (Citation de la Java
Specification Request (JSR) http://www.jcp.org/en/jsr/detail?id=251)
Cette évolution, qui semble
inéluctable à David McNierney, est facilitée
au plan technique par l’ouverture progressive
des systèmes d’information, sous la poussée
du langage XML, des services Web ou encore des architectures
orientées vers les services (SOA). La communication
entre plates-formes devient réellement opérationnelle,
qu’il s’agisse de systèmes de gestion
client, de facturation, d’ERP généralistes
(SAP, Oracle) ou encore de serveurs d’applications
(IBM, BEA). « Auparavant, il n’existait
pas d’alternatives aux systèmes de facturation
dédiés. Avec ces nouveaux outils, les
opérateurs gagnent à la fois en souplesse
et en réactivité, tout en diminuant très
nettement le coût initial d’investissement
», affirme David McNierney.
En lieu et place des 2 à
3 mois habituellement nécessaires à la
mise au point puis l’entrée en production
des grilles tarifaires appliquées aux nouveaux
services, de telles modifications ne demandent plus
désormais que quelques jours. La logique globale
d’approche change donc radicalement : de simples
fournisseurs de bande passante, les telcos se muent
ainsi en véritables fournisseurs de services
interactifs, intégrant la voix, la vidéo,
le contenu et les applications. Ceux qui se cantonnent
à leur rôle actuel seront à coup
sûr banalisés et contraints de rogner sur
leurs marges, tant la simple fourniture d’un accès
aux réseaux de télécommunications
semble, depuis ces dernières années, faire
partie des services de commodités.
Pour accompagner cette mutation économique et
la traduire en termes opérationnels, l’API
servira justement d’interface entre les progiciels
de back office et les systèmes de front office.
Les applications concrètes pour les opérateurs
concerneront autant, par exemple, la gestion des nouveaux
services professionnels de voix ou de données,
que la possibilité offerte à des parents
de contrôler et d’ajuster, en temps réel
sur Internet, la consommation télécoms
de leurs enfants : appel sur le fixe, appel mobile,
vidéo à la demande, portails multimédias…
Grâce à cette API de Pricing permettant
l’ajout de composants ouverts au sein des systèmes
de gestion BSS/OSS, l’innovation client retrouvera
alors toute sa place et tout son sens, au sein d’organisations
enfin affranchies des lourdeurs des systèmes
existants.
OSS/J
en bref
Soutenu par de grandes entreprises comme BEA, British
Telecom, Covad, Highdeal, Motorola, NEC, Nokia, Nortel,
Sun ou encore Vodafone, le projet Operational System
Support Through Java représente la mise en œuvre
concrète des modèles d’organisation
établis par le consortium Telemanagement Forum.
Celui-ci définit les cadres théoriques
destinés à améliorer les systèmes
informatiques opérationnels et commerciaux des
opérateurs de télécommunications.
Pour en savoir plus sur OSS/J,
consultez le site Web du projet, à l’adresse
www.ossj.org

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