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Offres de services “triple
play” : une composante essentielle du nouveau
paysage audiovisuel.
La
pression qui s’exerce actuellement sur le marché
global des nouveaux services en ligne impose aux opérateurs
d’intégrer et de combiner le plus rapidement
possible leurs accès hauts débits avec
des services vocaux et vidéo. Pour rester compétitif,
tout opérateur doit aujourd’hui proposer
au minimum une offre multiservices. Pour évoquer
ces perspectives, Jeffrey Soong, CEO de Broadband Network
Systems Ltd, Fergus O’Reilly, VP Product Strategy
de Highdeal, et David McNierney, VP Market Developement
de Highdeal, expriment leurs points de vue sur les aspects
suivants :
- L’évolution
de l’offre “triple play” sur les
différents continents, et plus précisément
l’Asie, l’Europe et l’Amérique
du Nord
- Les tarifs et les packagings
des offres multiplay
- Les différents mécanismes
de paiement en fonction de la différentiation
des services
Transaction Reporter
: Quelles sont les offres “triple-play”
que vous voyez s’imposer ?
Jeffrey Soong : Autant la pénétration
du haut débit sur le marché asiatique
est aujourd’hui la plus forte du monde, autant
les opérateurs asiatiques n’en sont qu’au
tout début de l’exploitation du potentiel
des offres triple play. L’Asie est un marché
extrêmement diversifié, ce qui conduit
à beaucoup d’offres potentielles. Les opérateurs
commercialisent des services combinés de données,
certains groupés avec des offres vocales, d’autres
avec des mobiles. D’un point de vue strictement
technologique, ces services ne sont pas toujours parfaitement
intégrés. De plus, du fait d’investissements
déjà réalisés ou de considérations
purement bureaucratiques, ces différents services
sont encore gérés en tant qu’entités
séparées, et les consommateurs d’offres
triple play reçoivent bien souvent plusieurs
factures distinctes.
Fergus
O’Reilly : Les opérateurs européens
ont choisi de regrouper des accès Internet haut
débit avec un bouquet de canaux TV IP et des
communications vocales sous forme d’un abonnement
forfaitaire mensuel. Le package vocal est généralement
basé sur la technologie VoIP (Voice over IP)
avec des appels nationaux illimités. Les opérateurs
français commencent à proposer des appels
illimités vers l’international –
au moins vers l’Union Européenne et les
Etats-Unis. Au Royaume-Uni, nous avons constaté
récemment l’émergence d’offres
à prix forfaitaire incluant également
les appels vers les mobiles.
David
McNierney : Le marché du triple play a
été relativement lent à démarrer
aux Etats-Unis. Ceci est dû notamment à
une couverture haut débit bien moins étendue
que dans de nombreux pays asiatiques. En comparaison
de l’Europe, la culture américaine est
essentiellement centrée sur la télévision,
avec une multitude de clients du câble ou du satellite.
Des enquêtes ont démontré que seulement
5% des abonnés au câble ou au satellite
souhaitaient changer en faveur d’un opérateur
télécoms, et ceci bien que les consommateurs
soient prêts à payer plus pour obtenir
davantage de services, tels que les appels VoIP illimités.

TR : Comment
ont évolué à ce jour les offres
triple play dans les différentes régions
?
David
McNierney : Ces ont les opérateurs câble
et télécoms qui proposent la grande majorité
des packages triple play aux Etats-Unis, avec un très
net avantage entrant aux câblo-opérateurs,
compte tenu du succès des offres câble
haut débit. Ceux d’entre eux qui proposaient
déjà du haut débit et de la vidéo
ont simplement ajouté un service VoIP pour constituer
un package triple play, ce qui est le cas par exemple
de l’offre 30+30+30 (90$) de Cablevision, qui
propose la télé numérique, l’accès
Internet et un package téléphonique avec
appels illimités vers les Etats-Unis et le Canada.
Les opérateurs télécoms, qui ont
collaboré avec des exploitants de satellites
pour constituer leurs premières offres triple
play, ont quant à eux rencontré quelques
difficultés en raison de la faible adoption du
haut débit en mode DSL. Verizon, par exemple,
propose actuellement un forfait triple play grand public
en combinaison avec son partenaire satellite DirectTV,
ce qui lui permet de toucher une plus large cible.
Jeffrey
Soong : Les conditions varient considérablement
selon qu’il s’agisse de marchés très
évolués économiquement, comme Singapour,
Hong Kong ou le Japon, ou de marchés émergeants
comme la Thaïlande ou la Malaisie. Nous constatons
cependant une activité assez soutenue dans le
triple play. Il faut garder à l’esprit
que les consommateurs asiatiques consacrent une part
plus élevée de leur budget aux loisirs
que ne le font les Américains ou les Européens.
L’institut In-Sat estime que les services IPTV
connaîtront une croissance annuelle d’environ
80% d’ici à 2010, l’Asie représentant
à elle seule la moitié des abonnés
IPTV mondiaux à fin 2009. Je ne peux pas affirmer
que ces estimations soient fiables, mais nous constatons
cependant la présence de nouveaux projets IPTV
dans les plans de développement de la quasi-totalité
des pays asiatiques.
Fergus
O’Reilly : En Europe, une concurrence très
active s’est instaurée entre les acteurs
du câble/téléphone et les nouveaux
acteurs entrants des services en ligne. Les câblo-opérateurs
européens, qui regroupent déjà
un accès Internet haut débit avec leurs
services TV, commencent à proposer des offres
incluant les appels vocaux. Les opérateurs historiques
essaient de pousser leurs clients à migrer vers
les technologies VoIP et IPTV, mais leur attitude reste
assez défensive. Le plus fort facteur de changement
sur le marché est finalement constitué
par les nouveaux acteurs entrants qui ont été
favorisés par la législation européenne
en faveur de la dérégulation, et qui ont
très rapidement innové en matière
de services proposés.
Jeffrey
Soong : Il s’agit là de l’une
des différences fondamentales entre l’Asie
et le reste du monde. Les opérateurs historiques
asiatiques ont profité de 50 années de
monopole et sont mieux armés financièrement
que les câblo-opérateurs. Ces derniers
sont de petites sociétés à capacités
financières réduites. Ils doivent donc
faire face à de nombreuses contraintes techniques,
ce qui laisse davantage d’opportunités,
à court terme, aux opérateurs classiques.
Fergus
O’Reilly : Les câblo-opérateurs
européens disposent de la plus large base d’abonnés
en matière de services télévisuels.
Ils ont déjà signé des accords
avec des fournisseurs de contenus cinématographiques
à des tarifs préférentiels. Les
opérateurs téléphoniques traditionnels
et les opérateurs ADSL ont donc été
obligés de créer de la valeur ajoutée
pour leurs offres TV. Pour y parvenir, ils ont développé
des fonctionnalités telles que le changement
rapide de canal, l’arrêt sur image, l’enregistrement
en direct, la vidéo à la demande ou encore
le pay-per-view.

TR : Quelles
tendances voyez-vous se dessiner, en termes de croissance,
pour le marché triple play ?
David Mc Nierney : Différentes
études de marché estiment que le nombre
d’abonnés mondiaux au haut débit
doublera au cours des cinq prochaines années,
pour atteindre 413 millions de personnes. La composante
principale de cette croissance est l’augmentation
des nouvelles applications, telles que la VoIP ou l’IPTV
basées sur des connexions à très
haut débit. Les fournisseurs de réseaux
offrent dorénavant des packages à plusieurs
niveaux, ce qui permet aux utilisateurs de services
IPTV de disposer de la bande passante dont ils ont besoin
en fonction de la qualité vidéo qui leur
est nécessaire.
Jeffrey
Soong : Si vous observez la croissance potentielle
du marché pour les offres triple play en Asie,
vous constaterez immédiatement l’importance
accordée à la télévision
payante. Dans les secteurs où la télévision
payante est fortement implantée (comme par exemple
Taiwan, où 80% de la population est abonnée),
la concurrence est très forte et le potentiel
de développement pour des services interactifs
est énorme. Dans des pays comme la Malaisie,
en revanche, où la pénétration
de la télévision payante est très
faible en raison de nombreux facteurs comme le coût,
l’offre IPTV peut représenter une très
bonne alternative, du fait de l’abaissement de
la barrière des tarifs.
Fergus
O’Reilly : L’offre IPTV n’est
pas un gros générateur de marges, mais
elle est indiscutablement un excellent vecteur marketing.
La société italienne Fastweb a été
le premier opérateur alternatif européen
à proposer une offre IPTV grand public : juste
après l’introduction de cette offre combinée
à un package VoIP et à un accès
Internet, leur croissance a explosé, ce qui démontre
bien le potentiel des services triple play en Europe.
Dans une récente étude, les consommateurs
européens ont indiqué par ailleurs que
la composante IPTV était celle qu’ils valorisaient
en priorité dans une offre triple play.
Jeffrey
Soong : La plupart des services IPTV proposés
en Asie ont été conçus il y a trois,
voire cinq ans, en tant que prolongement linéaire
des offres de télévision par câble
ou satellite. Cependant, les nouveaux acteurs du marché
ont d’abord étudié la situation
de leurs prédécesseurs, et conçoivent
aujourd’hui des offres triple play ouvertes sur
le futur, capables d’évoluer avec les nouvelles
technologies : les réseaux domestiques interactifs,
le podcasting ou les enregistreurs numériques
couplés à des services interactifs. Dans
certains cas, le consommateur peut même souscrire
à des chaînes TV particulières via
des packages “à la carte”, au lieu
des bouquets prédéfinis.
Fergus
O’Reilly : Le gouvernement américain
propose actuellement une nouvelle loi permettant de
dégrouper les chaînes. Cette approche au
niveau fédéral se démarque très
nettement des offres asiatiques “à la carte”
imposées par le marché, mais l’enjeu
majeur de la prochaine étape sera constitué
par le dégroupage des programmes réalisés
par les grandes chaînes TV. C’est le cas
de l’offre iTunes d’Apple, qui réussit
avec succès à commercialiser des épisodes
individuels de séries TV réalisées
par ABC, CBS, Fox, NBC ou encore MTV.
David
McNierney : Aux Etats-Unis, les câblo-opérateurs
sont aussi les propriétaires de nombreuses chaînes
TV. Les opérateurs télécoms ont
connu beaucoup de difficultés avec leurs offres
IPTV, non seulement sur le plan technique, mais aussi
parce qu’ils n’avaient aucune expérience
de la construction et de la gestion de partenariats
avec les diffuseurs de programmes. Ces diffuseurs ayant
en revanche des relations très anciennes avec
les câblo-opérateurs, le défi pour
les opérateurs télécoms est d’autant
plus relevé, puisqu’ils doivent convaincre
les diffuseurs d’accepter leurs services sans
remettre en cause le contexte existant. D’un autre
côté, la vidéo sur Internet proposée
par des acteurs comme YouTube, Google Video ou AOL Video
se positionne comme une alternative très attractive
à la télévision classique. A l’heure
actuelle, les jeunes délaissent la télé
pour se diriger de plus en plus vers la vidéo
sur Internet. Et à l’inverse de la TV IP,
la vidéo sur Internet ne nécessite pas
de “boîte” de réception.

TR : Sur quels
modèles de tarifs se basent les différentes
offres triple play ?
Fergus
O’Reilly : Beaucoup d’offres initiales
du marché partaient d’un forfait auquel
s’ajoutaient des options telles que la VoD (vidéo
à la demande), facturées à l’usage.
Ce modèle reste encore utilisé par les
opérateurs les plus en pointe, ne serait-ce que
pour conquérir des parts de marché via
un message marketing parfaitement compréhensible.
Au fur et à mesure que le marché et la
qualité des services évolueront, nous
nous attendons à voir le modèle quitter
nettement les offres de base pour se diriger vers des
offres personnalisables et des options “bonus”.
Cette approche permettra logiquement aux opérateurs
d’augmenter leurs marges sur chaque segment d’abonnements.
Jeffrey
Soong : Beaucoup de services encore inconnus
vont voir le jour très rapidement, ce qui imposera
aux opérateurs de disposer d’infrastructures
de facturation aussi souples que sophistiquées,
sans pour autant que cela impacte sur la qualité
de leurs offres futures.
David
McNierney : Au fur et à mesure que les
offres triple play des fournisseurs de services s’élargiront,
les consommateurs demanderont plus d’options de
choix, ce qui imposera de pouvoir très facilement
différencier les packages et les tarifs associés.
Les opérateurs télécoms en subissent
actuellement le contrecoup : s’ils proposent les
mêmes offres packagées de services vidéo
au même prix que les fournisseurs câble
et satellite, quel intérêt aurait le consommateur
à changer de fournisseur ?
TR : Existe-t-il
des contraintes légales ou environnementales
qui influent directement sur le marché triple
play ?
Jeffrey
Soong : L’environnement législatif
peut jouer un rôle crucial dans le développement
des services IPTV en Asie. Chaque marché national
a sa propre réglementation, et il subsiste encore
de nombreuses “zones grises”. Il existe
certains marchés dont les cadres sont relativement
flous, avec des services gérés par deux
organismes – télécoms et diffuseur
par exemple – ce qui ne peut que générer
des conflits d’intérêts. La Chine
et la Corée sont deux exemples particulièrement
représentatifs du freinage de l’essor IPTV
sur le marché asiatique : la Chine possède
deux organismes statuant sur l’IPTV, qui n’ont
accordé à ce jour qu’une seule licence
à un diffuseur, et aucune aux opérateurs.
La Corée, quant à elle, possède
la plus forte base installée globale en haut
débit, et pourtant aucun opérateur n’a
été autorisé à lancer des
services IPTV, en raison du veto exprimé par
la communauté des abonnés de TV payante
auprès de l’organisme national régulateur
de l’IPTV.
David
McNierney : Les consommateurs nord-américains
disposent généralement d’un seul
choix pour leur service de câble, s’appuyant
la plupart du temps sur des accords municipaux. La concurrence
haut débit et VoIP existe cependant entre fournisseurs
DSL, mais les opérateurs télécoms
comme AT&T ou Verizon installent de leur côté
des câblages fibres sur des zones étendues
(projets Lightspeed et FOIS, notamment). Avec de telles
infrastructures haut débit, le challenge pour
les opérateurs consistera à négocier
de nouveaux contrats avec les diffuseurs afin de proposer
du contenu dans leurs services IPTV. Ils tentent actuellement
une opération de lobbying aux USA, pour qu’un
accord de franchise national soit entériné,
ce qui supprimerait les tractations au niveau municipal
et briserait de ce fait le cadre dont bénéficient
les câblo-opérateurs depuis plusieurs dizaines
d’années.
Fergus
O’Reilly : Le concept triple play est beaucoup
plus implanté en Europe qu’aux Etats-Unis,
en raison bien sûr de la dérégulation
des marchés. Mais il existe pourtant de fortes
différences d’un pays à l’autre,
et le périmètre de la dérégulation
devient alors un critère déterminant dans
la richesse des services offerts et dans l’âpreté
de la concurrence. En Europe, la concurrence a permis
de pousser plus loin la technologie, avec l’ADSL
très haut débit à 20 Mbps qui se
démocratise de plus en plus. Cette technologie
est largement en mesure de supporter la TVHD, et permet
par conséquent aux opérateurs de concurrencer
les opérateurs du câble ou du satellite
vis-à-vis du segment supérieur des abonnés,
sur des forfaits mensuels pouvant aller jusqu’à
60 euros.

TR : Qu’en
est-il, dans ce contexte, de la convergence “fixe
/ mobile” ?
Jeffrey
Soong : La convergence fixe/mobile est déjà
une réalité dans quelques pays d’Asie,
et plus particulièrement là où
un seul fournisseur de services occupe une position
dominante sur la téléphonie fixe et mobile.
De très gros fournisseurs de services asiatiques
exploitent cette convergence pour assouplir leurs “articulations
technologiques”. C’est le cas de l’opérateur
historique hongkongais PCCW, qui vient juste de racheter
l’opérateur mobile 3G Sunday. PCCW a élaboré
une plate-forme de contenu IPTV qu’il souhaite
maintenant prolonger vers les mobiles. Naturellement,
la convergence fixe/mobile n’en est encore qu’à
ses premiers balbutiements, mais elle constitue une
priorité pour tous les opérateurs que
nous avons contacté. Ils sont dans leur grande
majorité encore au stade de la recherche, qu’il
s’agisse des études de marchés ou
des moyens technologiques à mettre en œuvre.
Fergus
O’Reilly : En Europe, de nombreux opérateurs
historiques reviennent à la réalité
après l’explosion mobile de la fin des
années 90. Les opérateurs fixes et mobiles
indépendants sont très attentifs à
identifier des partenaires, quitte à fusionner
avec ceux-ci si la complémentarité des
offres est avérée. Les acteurs du marché
prennent conscience qu’il est indispensable de
maîtriser et d’intégrer les infrastructures
back-end de télévision, de téléphonie,
de messagerie et de services vidéo pour être
capable de proposer de nouvelles générations
d’offres synonymes de valeur ajoutée.
David
McNierney : Comme leurs homologues européens,
les opérateurs américains se repositionnent
avec des partenaires mobiles. AT&T est en partenariat
avec l’opérateur sans fil Cingular, et
Verizon propose de son côté Verizon Wireless.
AT&T a également collaboré avec Clearwire
afin de fournir du haut débit sans fil sur des
zones où ils n’avaient pas encore déployé
d’installations fibres. Un consortium de câblo-opérateurs
américains leaders, dans lequel figurent Comcast
et Cox Communications, a conclu un accord MVNO (opérateur
mobile virtuel) avec l’opérateur SprintNextel.
L’un des clients Highdeal, la société
canadienne MSO, est également en cours d’introduction
d’un service MVNO dans le cadre d’une nouvelle
offre “quadruple play”.
TR : Comment
la solution Highdeal répond-elle à l’ensemble
de ces contraintes ?
Jeffrey
Soong : Les opérateurs ont tout juste
commencé à appréhender le potentiel
des services triple play. Avec une concurrence qui ne
peut que stimuler le développement et la croissance
du marché, de plus en plus de services et de
combinaisons permettront de mixer les services fixes,
mobiles et Internet. On rencontrera également
davantage de diversité dans les offres voix,
vidéo et images, avec de nouveaux acteurs innovants.
Nous avons choisi de collaborer avec Highdeal parce
que nous sommes convaincus que cette société
propose la seule solution convergente du marché
en termes de tarification, de valorisation et de packaging,
avec la flexibilité et la simplicité d’intégration
indispensables au suivi de notre évolution.

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