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  Newsletters - N° 16 - Juin 2006
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Offres de services “triple play” : une composante essentielle du nouveau paysage audiovisuel.

La pression qui s’exerce actuellement sur le marché global des nouveaux services en ligne impose aux opérateurs d’intégrer et de combiner le plus rapidement possible leurs accès hauts débits avec des services vocaux et vidéo. Pour rester compétitif, tout opérateur doit aujourd’hui proposer au minimum une offre multiservices. Pour évoquer ces perspectives, Jeffrey Soong, CEO de Broadband Network Systems Ltd, Fergus O’Reilly, VP Product Strategy de Highdeal, et David McNierney, VP Market Developement de Highdeal, expriment leurs points de vue sur les aspects suivants :

  • L’évolution de l’offre “triple play” sur les différents continents, et plus précisément l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord
  • Les tarifs et les packagings des offres multiplay
  • Les différents mécanismes de paiement en fonction de la différentiation des services

Jeffrey Soong,
CEO de Broadband
Network Systems Ltd.

Fergus O’Reilly,
VP Product Strategy
de Highdeal
David McNierney,
VP Market
Development
de Highdeal Inc.

Transaction Reporter : Quelles sont les offres “triple-play” que vous voyez s’imposer ?

Jeffrey Soong : Autant la pénétration du haut débit sur le marché asiatique est aujourd’hui la plus forte du monde, autant les opérateurs asiatiques n’en sont qu’au tout début de l’exploitation du potentiel des offres triple play. L’Asie est un marché extrêmement diversifié, ce qui conduit à beaucoup d’offres potentielles. Les opérateurs commercialisent des services combinés de données, certains groupés avec des offres vocales, d’autres avec des mobiles. D’un point de vue strictement technologique, ces services ne sont pas toujours parfaitement intégrés. De plus, du fait d’investissements déjà réalisés ou de considérations purement bureaucratiques, ces différents services sont encore gérés en tant qu’entités séparées, et les consommateurs d’offres triple play reçoivent bien souvent plusieurs factures distinctes.

Fergus O’Reilly : Les opérateurs européens ont choisi de regrouper des accès Internet haut débit avec un bouquet de canaux TV IP et des communications vocales sous forme d’un abonnement forfaitaire mensuel. Le package vocal est généralement basé sur la technologie VoIP (Voice over IP) avec des appels nationaux illimités. Les opérateurs français commencent à proposer des appels illimités vers l’international – au moins vers l’Union Européenne et les Etats-Unis. Au Royaume-Uni, nous avons constaté récemment l’émergence d’offres à prix forfaitaire incluant également les appels vers les mobiles.

David McNierney : Le marché du triple play a été relativement lent à démarrer aux Etats-Unis. Ceci est dû notamment à une couverture haut débit bien moins étendue que dans de nombreux pays asiatiques. En comparaison de l’Europe, la culture américaine est essentiellement centrée sur la télévision, avec une multitude de clients du câble ou du satellite. Des enquêtes ont démontré que seulement 5% des abonnés au câble ou au satellite souhaitaient changer en faveur d’un opérateur télécoms, et ceci bien que les consommateurs soient prêts à payer plus pour obtenir davantage de services, tels que les appels VoIP illimités.

TR : Comment ont évolué à ce jour les offres triple play dans les différentes régions ?

David McNierney : Ces ont les opérateurs câble et télécoms qui proposent la grande majorité des packages triple play aux Etats-Unis, avec un très net avantage entrant aux câblo-opérateurs, compte tenu du succès des offres câble haut débit. Ceux d’entre eux qui proposaient déjà du haut débit et de la vidéo ont simplement ajouté un service VoIP pour constituer un package triple play, ce qui est le cas par exemple de l’offre 30+30+30 (90$) de Cablevision, qui propose la télé numérique, l’accès Internet et un package téléphonique avec appels illimités vers les Etats-Unis et le Canada. Les opérateurs télécoms, qui ont collaboré avec des exploitants de satellites pour constituer leurs premières offres triple play, ont quant à eux rencontré quelques difficultés en raison de la faible adoption du haut débit en mode DSL. Verizon, par exemple, propose actuellement un forfait triple play grand public en combinaison avec son partenaire satellite DirectTV, ce qui lui permet de toucher une plus large cible.

Jeffrey Soong : Les conditions varient considérablement selon qu’il s’agisse de marchés très évolués économiquement, comme Singapour, Hong Kong ou le Japon, ou de marchés émergeants comme la Thaïlande ou la Malaisie. Nous constatons cependant une activité assez soutenue dans le triple play. Il faut garder à l’esprit que les consommateurs asiatiques consacrent une part plus élevée de leur budget aux loisirs que ne le font les Américains ou les Européens. L’institut In-Sat estime que les services IPTV connaîtront une croissance annuelle d’environ 80% d’ici à 2010, l’Asie représentant à elle seule la moitié des abonnés IPTV mondiaux à fin 2009. Je ne peux pas affirmer que ces estimations soient fiables, mais nous constatons cependant la présence de nouveaux projets IPTV dans les plans de développement de la quasi-totalité des pays asiatiques.

Fergus O’Reilly : En Europe, une concurrence très active s’est instaurée entre les acteurs du câble/téléphone et les nouveaux acteurs entrants des services en ligne. Les câblo-opérateurs européens, qui regroupent déjà un accès Internet haut débit avec leurs services TV, commencent à proposer des offres incluant les appels vocaux. Les opérateurs historiques essaient de pousser leurs clients à migrer vers les technologies VoIP et IPTV, mais leur attitude reste assez défensive. Le plus fort facteur de changement sur le marché est finalement constitué par les nouveaux acteurs entrants qui ont été favorisés par la législation européenne en faveur de la dérégulation, et qui ont très rapidement innové en matière de services proposés.

Jeffrey Soong : Il s’agit là de l’une des différences fondamentales entre l’Asie et le reste du monde. Les opérateurs historiques asiatiques ont profité de 50 années de monopole et sont mieux armés financièrement que les câblo-opérateurs. Ces derniers sont de petites sociétés à capacités financières réduites. Ils doivent donc faire face à de nombreuses contraintes techniques, ce qui laisse davantage d’opportunités, à court terme, aux opérateurs classiques.

Fergus O’Reilly : Les câblo-opérateurs européens disposent de la plus large base d’abonnés en matière de services télévisuels. Ils ont déjà signé des accords avec des fournisseurs de contenus cinématographiques à des tarifs préférentiels. Les opérateurs téléphoniques traditionnels et les opérateurs ADSL ont donc été obligés de créer de la valeur ajoutée pour leurs offres TV. Pour y parvenir, ils ont développé des fonctionnalités telles que le changement rapide de canal, l’arrêt sur image, l’enregistrement en direct, la vidéo à la demande ou encore le pay-per-view.

TR : Quelles tendances voyez-vous se dessiner, en termes de croissance, pour le marché triple play ?

David Mc Nierney : Différentes études de marché estiment que le nombre d’abonnés mondiaux au haut débit doublera au cours des cinq prochaines années, pour atteindre 413 millions de personnes. La composante principale de cette croissance est l’augmentation des nouvelles applications, telles que la VoIP ou l’IPTV basées sur des connexions à très haut débit. Les fournisseurs de réseaux offrent dorénavant des packages à plusieurs niveaux, ce qui permet aux utilisateurs de services IPTV de disposer de la bande passante dont ils ont besoin en fonction de la qualité vidéo qui leur est nécessaire.

Jeffrey Soong : Si vous observez la croissance potentielle du marché pour les offres triple play en Asie, vous constaterez immédiatement l’importance accordée à la télévision payante. Dans les secteurs où la télévision payante est fortement implantée (comme par exemple Taiwan, où 80% de la population est abonnée), la concurrence est très forte et le potentiel de développement pour des services interactifs est énorme. Dans des pays comme la Malaisie, en revanche, où la pénétration de la télévision payante est très faible en raison de nombreux facteurs comme le coût, l’offre IPTV peut représenter une très bonne alternative, du fait de l’abaissement de la barrière des tarifs.

Fergus O’Reilly : L’offre IPTV n’est pas un gros générateur de marges, mais elle est indiscutablement un excellent vecteur marketing. La société italienne Fastweb a été le premier opérateur alternatif européen à proposer une offre IPTV grand public : juste après l’introduction de cette offre combinée à un package VoIP et à un accès Internet, leur croissance a explosé, ce qui démontre bien le potentiel des services triple play en Europe. Dans une récente étude, les consommateurs européens ont indiqué par ailleurs que la composante IPTV était celle qu’ils valorisaient en priorité dans une offre triple play.

Jeffrey Soong : La plupart des services IPTV proposés en Asie ont été conçus il y a trois, voire cinq ans, en tant que prolongement linéaire des offres de télévision par câble ou satellite. Cependant, les nouveaux acteurs du marché ont d’abord étudié la situation de leurs prédécesseurs, et conçoivent aujourd’hui des offres triple play ouvertes sur le futur, capables d’évoluer avec les nouvelles technologies : les réseaux domestiques interactifs, le podcasting ou les enregistreurs numériques couplés à des services interactifs. Dans certains cas, le consommateur peut même souscrire à des chaînes TV particulières via des packages “à la carte”, au lieu des bouquets prédéfinis.

Fergus O’Reilly : Le gouvernement américain propose actuellement une nouvelle loi permettant de dégrouper les chaînes. Cette approche au niveau fédéral se démarque très nettement des offres asiatiques “à la carte” imposées par le marché, mais l’enjeu majeur de la prochaine étape sera constitué par le dégroupage des programmes réalisés par les grandes chaînes TV. C’est le cas de l’offre iTunes d’Apple, qui réussit avec succès à commercialiser des épisodes individuels de séries TV réalisées par ABC, CBS, Fox, NBC ou encore MTV.

David McNierney : Aux Etats-Unis, les câblo-opérateurs sont aussi les propriétaires de nombreuses chaînes TV. Les opérateurs télécoms ont connu beaucoup de difficultés avec leurs offres IPTV, non seulement sur le plan technique, mais aussi parce qu’ils n’avaient aucune expérience de la construction et de la gestion de partenariats avec les diffuseurs de programmes. Ces diffuseurs ayant en revanche des relations très anciennes avec les câblo-opérateurs, le défi pour les opérateurs télécoms est d’autant plus relevé, puisqu’ils doivent convaincre les diffuseurs d’accepter leurs services sans remettre en cause le contexte existant. D’un autre côté, la vidéo sur Internet proposée par des acteurs comme YouTube, Google Video ou AOL Video se positionne comme une alternative très attractive à la télévision classique. A l’heure actuelle, les jeunes délaissent la télé pour se diriger de plus en plus vers la vidéo sur Internet. Et à l’inverse de la TV IP, la vidéo sur Internet ne nécessite pas de “boîte” de réception.

TR : Sur quels modèles de tarifs se basent les différentes offres triple play ?

Fergus O’Reilly : Beaucoup d’offres initiales du marché partaient d’un forfait auquel s’ajoutaient des options telles que la VoD (vidéo à la demande), facturées à l’usage. Ce modèle reste encore utilisé par les opérateurs les plus en pointe, ne serait-ce que pour conquérir des parts de marché via un message marketing parfaitement compréhensible. Au fur et à mesure que le marché et la qualité des services évolueront, nous nous attendons à voir le modèle quitter nettement les offres de base pour se diriger vers des offres personnalisables et des options “bonus”. Cette approche permettra logiquement aux opérateurs d’augmenter leurs marges sur chaque segment d’abonnements.

Jeffrey Soong : Beaucoup de services encore inconnus vont voir le jour très rapidement, ce qui imposera aux opérateurs de disposer d’infrastructures de facturation aussi souples que sophistiquées, sans pour autant que cela impacte sur la qualité de leurs offres futures.

David McNierney : Au fur et à mesure que les offres triple play des fournisseurs de services s’élargiront, les consommateurs demanderont plus d’options de choix, ce qui imposera de pouvoir très facilement différencier les packages et les tarifs associés. Les opérateurs télécoms en subissent actuellement le contrecoup : s’ils proposent les mêmes offres packagées de services vidéo au même prix que les fournisseurs câble et satellite, quel intérêt aurait le consommateur à changer de fournisseur ?

TR : Existe-t-il des contraintes légales ou environnementales qui influent directement sur le marché triple play ?

Jeffrey Soong : L’environnement législatif peut jouer un rôle crucial dans le développement des services IPTV en Asie. Chaque marché national a sa propre réglementation, et il subsiste encore de nombreuses “zones grises”. Il existe certains marchés dont les cadres sont relativement flous, avec des services gérés par deux organismes – télécoms et diffuseur par exemple – ce qui ne peut que générer des conflits d’intérêts. La Chine et la Corée sont deux exemples particulièrement représentatifs du freinage de l’essor IPTV sur le marché asiatique : la Chine possède deux organismes statuant sur l’IPTV, qui n’ont accordé à ce jour qu’une seule licence à un diffuseur, et aucune aux opérateurs. La Corée, quant à elle, possède la plus forte base installée globale en haut débit, et pourtant aucun opérateur n’a été autorisé à lancer des services IPTV, en raison du veto exprimé par la communauté des abonnés de TV payante auprès de l’organisme national régulateur de l’IPTV.

David McNierney : Les consommateurs nord-américains disposent généralement d’un seul choix pour leur service de câble, s’appuyant la plupart du temps sur des accords municipaux. La concurrence haut débit et VoIP existe cependant entre fournisseurs DSL, mais les opérateurs télécoms comme AT&T ou Verizon installent de leur côté des câblages fibres sur des zones étendues (projets Lightspeed et FOIS, notamment). Avec de telles infrastructures haut débit, le challenge pour les opérateurs consistera à négocier de nouveaux contrats avec les diffuseurs afin de proposer du contenu dans leurs services IPTV. Ils tentent actuellement une opération de lobbying aux USA, pour qu’un accord de franchise national soit entériné, ce qui supprimerait les tractations au niveau municipal et briserait de ce fait le cadre dont bénéficient les câblo-opérateurs depuis plusieurs dizaines d’années.

Fergus O’Reilly : Le concept triple play est beaucoup plus implanté en Europe qu’aux Etats-Unis, en raison bien sûr de la dérégulation des marchés. Mais il existe pourtant de fortes différences d’un pays à l’autre, et le périmètre de la dérégulation devient alors un critère déterminant dans la richesse des services offerts et dans l’âpreté de la concurrence. En Europe, la concurrence a permis de pousser plus loin la technologie, avec l’ADSL très haut débit à 20 Mbps qui se démocratise de plus en plus. Cette technologie est largement en mesure de supporter la TVHD, et permet par conséquent aux opérateurs de concurrencer les opérateurs du câble ou du satellite vis-à-vis du segment supérieur des abonnés, sur des forfaits mensuels pouvant aller jusqu’à 60 euros.

TR : Qu’en est-il, dans ce contexte, de la convergence “fixe / mobile” ?

Jeffrey Soong : La convergence fixe/mobile est déjà une réalité dans quelques pays d’Asie, et plus particulièrement là où un seul fournisseur de services occupe une position dominante sur la téléphonie fixe et mobile. De très gros fournisseurs de services asiatiques exploitent cette convergence pour assouplir leurs “articulations technologiques”. C’est le cas de l’opérateur historique hongkongais PCCW, qui vient juste de racheter l’opérateur mobile 3G Sunday. PCCW a élaboré une plate-forme de contenu IPTV qu’il souhaite maintenant prolonger vers les mobiles. Naturellement, la convergence fixe/mobile n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements, mais elle constitue une priorité pour tous les opérateurs que nous avons contacté. Ils sont dans leur grande majorité encore au stade de la recherche, qu’il s’agisse des études de marchés ou des moyens technologiques à mettre en œuvre.

Fergus O’Reilly : En Europe, de nombreux opérateurs historiques reviennent à la réalité après l’explosion mobile de la fin des années 90. Les opérateurs fixes et mobiles indépendants sont très attentifs à identifier des partenaires, quitte à fusionner avec ceux-ci si la complémentarité des offres est avérée. Les acteurs du marché prennent conscience qu’il est indispensable de maîtriser et d’intégrer les infrastructures back-end de télévision, de téléphonie, de messagerie et de services vidéo pour être capable de proposer de nouvelles générations d’offres synonymes de valeur ajoutée.

David McNierney : Comme leurs homologues européens, les opérateurs américains se repositionnent avec des partenaires mobiles. AT&T est en partenariat avec l’opérateur sans fil Cingular, et Verizon propose de son côté Verizon Wireless. AT&T a également collaboré avec Clearwire afin de fournir du haut débit sans fil sur des zones où ils n’avaient pas encore déployé d’installations fibres. Un consortium de câblo-opérateurs américains leaders, dans lequel figurent Comcast et Cox Communications, a conclu un accord MVNO (opérateur mobile virtuel) avec l’opérateur SprintNextel. L’un des clients Highdeal, la société canadienne MSO, est également en cours d’introduction d’un service MVNO dans le cadre d’une nouvelle offre “quadruple play”.

TR : Comment la solution Highdeal répond-elle à l’ensemble de ces contraintes ?

Jeffrey Soong : Les opérateurs ont tout juste commencé à appréhender le potentiel des services triple play. Avec une concurrence qui ne peut que stimuler le développement et la croissance du marché, de plus en plus de services et de combinaisons permettront de mixer les services fixes, mobiles et Internet. On rencontrera également davantage de diversité dans les offres voix, vidéo et images, avec de nouveaux acteurs innovants. Nous avons choisi de collaborer avec Highdeal parce que nous sommes convaincus que cette société propose la seule solution convergente du marché en termes de tarification, de valorisation et de packaging, avec la flexibilité et la simplicité d’intégration indispensables au suivi de notre évolution.

   
 
 
 

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