Systèmes pré-payés, post-payés :
l'heure de la convergence a sonné
L'offre
mobile ne cesse de s'enrichir. La profusion des services
basés sur le transfert de données dynamise
le marché. À titre d'exemple, la seule
fourniture de contenus tels que sonneries, logos, jeux,
etc. pesait déjà en 2003 près
de 3 milliards d'euros en Europe de l'Ouest. Les opérateurs
sont en première ligne pour mettre en œuvre les
solutions de micro-paiement adaptées : simples
pour l'utilisateur, capables de traiter de forts volumes
de transactions, tout en gérant des chaînes
de valeur plus complexes. Dans ce contexte évolutif,
Eliane Meyer, Marketing Bull Services Telco, Patrick
Mocchi, Directeur Centre de Compétences Facturation
Bull Services Telco et Fergus O'Reilly Directeur du
Marketing Produit de Highdeal nous expliquent en quoi
la convergence des systèmes du pré-payé
et du post-payé devient un enjeu capital et comment
les opérateurs peuvent dès maintenant
la mettre en œuvre.
TR
: Pourquoi les opérateurs cherchent-ils aujourd'hui
à harmoniser leurs systèmes de facturation
post-payée et pré-payée ?
Patrick
Mocchi : Aujourd'hui, les opérateurs
multiplient les offres marketing à leur clientèle
en mode post-payé. Quand il s'agit de proposer
des offres à la clientèle en mode
pré-payé, ils buttent sur les limites
des systèmes en place. En effet, ceux-ci n'ont
pas la flexibilité suffisante pour intégrer
des services tels que téléchargements,
roaming ou LBS (Location Based Services) par exemple
ou encore des promotions complexes basées sur
des bundles.

TR
: Pouvez-vous nous donner un exemple pour illustrer
ce problème ?
Fergus
O'Reilly : Prenons l'exemple d'une promotion
spéciale sur un package de 30 SMS pendant 10
jours avec téléchargement d'une sonnerie
gratuite. Les systèmes pré-payés
en place ne sauront pas gérer cette complexité.
Ils fonctionnent en effet sur la base d'une tarification
fixe en fonction du type de service et de la localisation
de l'appel. Dans le flux des transactions qui arrivent
sur le réseau, ils ne seraient pas capables de
détecter si tel SMS est à facturer au
coût standard ou s'il faut lui appliquer une tarification
spéciale.
Patrick
Mocchi : Par ailleurs, si les systèmes
du pré-payé sont limités, les systèmes
du post-payé doivent également évoluer
car ils ne disposent pas sur leur base installée
des outils nécessaires de valorisation en temps
réel.
TR : Technologiquement, réconcilier
pré-payés et post-payés semble
mission impossible, pourquoi ?
Fergus
O'Reilly : Historiquement, une scission
s'est opérée entre les deux mondes, lesquels
au sein même des opérateurs, impliquaient
des équipes différentes. Les services
IT intervenaient sur le post-payé. Ils effectuaient
les calculs de coûts et établissaient les
factures en fonction des informations recueillies sur
les réseaux par des éditeurs de médiation.
Les services pré-payés quant à
eux étaient paramétrés par des
experts du réseau puisque les logiciels gérant
les transactions y étaient intrinsèquement
rattachés. Le marketing des opérateurs
cherche aujourd'hui à rapprocher et à
faire converger ce que les choix techniques antérieurs
ont jusqu'à présent nettement séparé.

TR : Faire évoluer la facturation
en pré-payé semble revêtir une importance
particulière pour les opérateurs. Pour
quelles raisons ?
Fergus
O'Reilly : D'abord parce que la
clientèle du pré-payé, composée
en majorité de jeunes et d'early adopters présente
un fort potentiel d'utilisation des nouveaux services
data : téléchargement de sonneries
ou de musiques, contenus localisés. La solvabilité
incertaine de cette population peut inciter les opérateurs
à la maintenir en mode pré-payé
tout en étant capable de lui proposer ces nouveaux
services. Dans cette perspective, les observateurs s'attendent
à l'essor du marché aux Etats-Unis, où
le pré-payé était jusqu'alors culturellement
et historiquement peu prisé. Une autre option
stratégique consiste pour les opérateurs
à convertir les clients du pré-payé
en clients post-payés, plus rémunérateurs
et plus fidèles. Comment y parvenir si ces derniers
n'ont pas les moyens de tester les offres de nouvelle
génération ? Dans les deux cas, on voit
bien qu'il est nécessaire de savoir développer
et facturer les nouvelles offres et les nouveaux services
en mode pré-payé.
Eliane
Meyer : C'est pourquoi, aujourd'hui, le
mot d'ordre des opérateurs consiste à
pouvoir lancer les nouvelles offres en même temps
sur les deux marchés. Ceci réclame d'opérer
rapidement la convergence des systèmes, d'abord
pour toutes les raisons marketing que nous venons d'évoquer,
mais aussi pour des raisons économiques évidentes.
Ils ont pour le moment à gérer deux infrastructures,
deux bases de données clients et deux catalogues
de services, ce qui rend l'exploitation d'autant plus
complexe et coûteuse.

TR : La convergence permettrait donc
de faciliter la migration de la clientèle du
pré-payé au post-payé ?
Patrick
Mocchi : Oui, mais pas seulement. C'est aussi
un outil pour augmenter le taux de pénétration
par foyer. Représentez-vous une famille dont
les parents sont en post-payé et les enfants
en pré-payé, on peut imaginer de consolider
sur un même compte les mêmes services, à
des niveaux de consommations différents, avec
ou sans limitation d'accès.
Fergus
O'Reilly : Cette migration
est souhaitable, mais si par ailleurs elle est rendue
techniquement difficile et contraignante pour l'utilisateur,
cela peut augmenter le taux de churn : pour passer
en mode post-payé, les clients du pré-payé
pourraient choisir de changer d'opérateur.
TR : Que font actuellement les opérateurs
pour faire face à ce problème ?
Fergus
O'Reilly : Lorsqu'ils ont
à faire évoluer leurs systèmes,
la convergence fait désormais partie du cahier
des charges. Une première approche consiste à
faire table rase de l'héritage pour créer
de toutes pièces un nouveau système. Peu
d'opérateurs s'engageront dans cette voie qui
réclame d'énormes investissements. Une
évolution plus raisonnable consiste à
conserver les systèmes existants aptes à
traiter les offres courantes et à leur adjoindre
un nouveau système pour tous les lancements simultanés
d'offres et promotions en pré et post-payé.
Ce système qui devra intégrer un moteur
de valorisation en temps réel sera capable de
gérer en frontal les deux méthodes de
paiement, et de redispatcher les informations vers les
systèmes de facturation en place.
Eliane
Meyer : C'est sur une solution de cette
nature que Bull, HP et Highdeal développent aujourd'hui
un prototype pour l'un des principaux opérateurs
mobiles français.

TR : Pouvez-vous nous préciser
les rôles des différents acteurs dans la
mise en œuvre de cette nouvelle solution ?
Eliane
Meyer : Comme je l'ai dit, Highdeal apporte
son moteur de valorisation en temps réel. Mais
son intervention va bien au-delà. Il s'agit d'une
solution logicielle complète très en avance
tant par sa souplesse dans la définition d'un
catalogue d'offres, que pour la gestion complète
du poste client. Sans parler de son système de
simulation qui permet aux opérateurs, non seulement
de bâtir leurs offres, mais d'en prévoir
la rentabilité en temps réel. HP avec
sa technologie OpenCall fournit quant à lui l'étage
qui permet l'interfaçage avec les systèmes
pré-payés et les systèmes d'information.
Bull apporte son savoir-faire d'intégrateur dans
l'assemblage des différents systèmes et
son expertise des problématiques des opérateurs
mobiles.
Fergus
O'Reilly : Cette solution
ouverte, inter-opérable pourra avec un investissement
minimum assurer la transition entre les anciens systèmes
hétérogènes et les nouveaux systèmes
convergents. Son architecture évolutive permet
en outre des montées en charge, sans adjonction
de nouveaux systèmes, ce qui en fait une solution
efficace et pérenne, adaptée à
la valorisation et à la facturation des services
mobiles de nouvelle génération.

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